crédit photo caue54

Contexte

L’école Jules Ferry est une école élémentaire de 6 classes, regroupant environ 150 élèves. Elle est propice à certains jeux, mais ne répond pas aux besoins de tous. La cour est peu adaptée aux récréations en cas de fortes chaleurs ou les jours de pluie. L’école bénéficie d’une parcelle plantée adjacente à la cour, mais séparée par un mur, elle n’est pas ouverte pendant les récréations.

Objectifs du projet

- proposer des aménagements qui permettent une diversité des usages,

- favoriser davantage la mixité et le bien-vivre ensemble (grands/petits ; filles/garçons),

- adapter la cour pour répondre aux enjeux de transition écologique : désimperméabilisation des sols,

- adapter la cour au changement climatique : confort d’été, proximité avec la nature.

La superficie totale est de 1 250 m2 (800 m2 de cour et 450 m2 de jardin). Pour la ville, ce projet croise en de nombreux points la démarche de gestion écoresponsable des espaces publics qu’elle a engagée via sa labellisation « Commune nature » et le travail mené dans le cadre du label "Villes et villages fleuris" pour lequel elle est accompagnée par le CAUE.

Proposition d’intervention

Le CAUE saisit cette opportunité d’expérimenter de nouveaux process de projet impliquant le plus possible les usagers. Aussi, il propose à la commune de Malzéville d’être accompagnée par un maître d’œuvre qui soit à la fois concepteur, animateur de la concertation avec les usagers et organisateur de chantiers participatifs. La méthode retenue est de réaliser un diagnostic partagé en 2 temps : avec la communauté éducative et les parents d’élèves et ensuite avec l’ensemble des élèves de l’école.

Les ateliers récréateurs

Une fois le diagnostic réalisé et les éléments de programme connu, 2 élèves pour chaque niveau de classe sont choisis parmis les plus motivés pour faire partie de l’équipe projet. Ils participeront à 3 ateliers de coconception de la cour avec le paysagiste-concepteur retenu et le CAUE.

Une restitution des travaux des élèves et plus généralement de la démarche, a été faite à l’ensemble des élèves (par les récréateurs eux-mêmes), aux parents d’élèves (via le blog de l'école) et à la communauté éducative (participation de la directrice aux réunions de pilotage).

Le contexte sanitaire n'ayant pas permis les rencontres physiques imaginées, c'est sous la forme d’une exposition accrochée aux grilles de l'école en fin d’année scolaire 2020-2021 que l'ensemble des parties prenantes ont pu voir retracées, les étapes du projet.

Une restructuration importante de la cour

Beaucoup de retard a été pris dans la démarche du fait du contexte sanitaire, mais les volontés sont là et le projet avance : dans la partie jardin, des travaux ont été réalisés en régie par les services municipaux à l'été 2021, le mur qui séparait la cour du jardin a été déposé, des chantiers participatifs avec les parents d'élèves ont été menées en septembre 2021. 

La partie cour en bitume nécessite l'intervention de bureaux d'études pour évaluer la capacité des sols à infiltrer les eaux pluviales à la parcelle. Les eaux de toiture sont également déconnectées du réseau, un espace pour faire classe dehors verra le jour sous forme de gradinage, une butte et des espaces plantés vont agrémenter le nouvel espace, le terrain de jeu de ballon est réduit, une rampe est intégrée au projet pour permettre l'accès PMR. Et enfin, un préau inexistant jusqu'alors, permettra (grâce à sa toiture végétalisée) de s'abriter par tous les temps ! Livraison prévue en 2023.

Maîtrise d'ouvrage : ville de Malzéville

Maîtrise d'oeuvre : Adrien Biewers, agence CALE, BET Consilium, Bagard & Luron architectes

Subventionnement : de l'Agence de l'Eau Rhin Meuse

La méthodologie [pour] faire cour a servi à accompagner différentes collectivités de Meurthe-et-Moselle dans leur démarche de restructuration de cours d'écoles avec chacune leurs spécificités (Nancy, Custines, Dieulouard, Chavigny) mais deux invariants : le recrutement d'un paysagiste-concepteur et une phase, plus ou moins poussée, de concertation avec l'ensemble des usagers.

Concours d'idées "Micro-architecture[s]" #3 : la Boîte à jouer

Pour sa 3ème édition, notre concours « Micro-architecture » s’est intéressé à la « boîte à jouer », concept promu en France par l’association « Jouer pour vivre » basée en région parisienne, notre partenaire pour l’occasion.
Le jeu libre que permet la boîte à jouer est rendu possible par la mise à disposition de tout un tas d’objets hétéroclites issus de réemploi que les élèves (maternelle, élémentaire) peuvent manier à leur guise en inventant toute sortes de jeux laissant libre cours à leur imaginaire : pneus, cordes, tissus, tuyaux… 
La Commune de Custines , engagée dans une démarche de requalification de sa cour d’école, s’est prêtée au « jeu » et a accepté que la cour de l’Ecole Louis Guingot soit support de la réflexion pour le concours d’idées.
13 équipes ont répondu et nous les en remercions !

Pour connaître les projets lauréats : https://www.caue54.fr/action/135-Micro-architectures 
 

Un film pour témoigner

Réalisation CAUE 54 (2025, 20 mn)

SYNOPSIS : A l’automne 2019, quand la directrice de l’école élémentaire Jules Ferry, contacte le CAUE sur les conseils de la ville de Malzéville, sa sollicitation porte sur la réalisation de quelques structures en bois de récupération pour enrichir les possibilités de jeux dans la cour de l’école.
Qui aurait pu imaginer – une pandémie mondiale s’invitant au passage –, que, trois ans plus tard, l’espace serait entièrement transformé, devenant une référence dans le mouvement national des restructurations de cours d’écoles qui naît alors ? Il s’est agi de faire place au vivant, en décroutant le sol pour laisser l’eau s’infiltrer, en végétalisant et en donnant une véritable place à tous les acteurs du projet.

Cette expérience nous a démontré que l’ensemble des volontés, des énergies et des compétences qui, loin de s’additionner simplement, se sont renforcées mutuellement au fil de l’avancement du projet. Elles ont généré un cercle vertueux que nous avons nommé le « syndrome du dragon », à l’image de la fabuleuse gargouille offerte par l’entreprise de couverture. De la phase de concertation de toutes les parties prenantes jusqu’à deux ans après la livraison du nouvel aménagement, ce film permet de mieux saisir ce qui se joue dans une cour conçue par et pour ses usagers.

La cour d’école, premier espace public fréquenté par nos enfants, cristallise de nombreuses problématiques : du développement psychomoteur au vivre-ensemble et à l’égalité fille-garçon, en passant par l’adaptation au réchauffement climatique et la place donnée au vivant, qu’il soit végétal, hydrologique ou humain. Le soin porté à sa conception est un déterminant majeur de la santé physique et mentale et, à ce titre, méritait pleinement une telle mobilisation.

Ce film est dédié à la mémoire de Marie Surtel, directrice de l’école et instigatrice du projet.

Organisation de projections-débats : Le CAUE 54 se mobilisera dans la mesure de ses capacités pour accompagner le vie du film mais essentiellement sur son territoire d'intervention, à savoir le département de Meurthe-et-Moselle. Pour d'autres territoires, nous consulter.

Le dossier de presse du film : "[POUR] FAIRE COUR, repenser une cour d'école pour faire place au vivant" est téléchargeable ci-dessous.

 

Autres ressources

Pour en savoir plus sur le concept de boîte à jouer : http://www.jouerpourvivre.org/ 

Pour découvrir les aides financières de l'Agence de l'Eau Rhin-Meuse : https://www.eau-rhin-meuse.fr/

Pour prendre connaissance des ressources développées par le CAUE de Paris sur les cours Oasis : https://www.caue75.fr/content/ressources-cours-oasis 

Pour suivre la conférence "Faire j(e)u égal : le projet d'école égalitaire : enjeux et expérimentations" : lien vidéo en haut de cette page

Pour découvrir d'autres initiatives de restructuration de cours d'école, parcourez les projets ci-dessous, présentés lors de la journée d'étude [POUR] FAIRE COUR qui a eu lieu en 2022.


Documents complémentaires

Vidéo

Photographies

Création : 22/03/2022